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RDC : un malentendu sur le contrat de Securiport

(Agence Ecofin) - Le partenariat public-privé entre les responsables publics congolaises et une entreprise américaine suscite des controverses sur les réseaux sociaux.

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(Agence Ecofin) - Le partenariat public-privé entre les responsables publics congolaises et une entreprise américaine suscite des controverses sur les réseaux sociaux.

Quelques extraits du contrat signé entre le gouvernement congolais, via le ministère de l’Intérieur et le ministère des Transports, et la société américaine Securiport, pour la mise en place d’un système intégré de gestion des services de sécurité et d’immigration en République démocratique du Congo (RDC), circulent sur les réseaux sociaux depuis le lundi 3 novembre, suscitant une vive polémique. En cause : l’article 38 relatif à la rémunération du partenaire privé.

Cet article mentionne un prélèvement de sécurité de 30 dollars à facturer à chaque passager aérien, à l’arrivée comme au départ, dans tous les aéroports internationaux du pays. Cette disposition a été interprétée par plusieurs internautes comme l’instauration d’une nouvelle taxe relatif à l’aéroport, dans un contexte où la population réclame depuis longtemps la suppression d’autres prélèvements similaires, notamment le GoPass, fixé à 50 dollars pour les vols internationaux et 15 dollars pour les vols domestiques.

Mais D’après un responsable du ministère de l’Intérieur, cité par plusieurs médias, cette redevance existe déjà. Elle est intégrée dans le prix des billets d’avion pour les vols internationaux à destination ou en provenance de la RDC, et perçue par les compagnies aériennes opérant sous code IATA. Ces recettes, jusque-là affectées à différentes administrations, dont la Direction générale de migration (DGM), ont été partiellement réaffectées au financement de l’accord de Securiport LLC, précise la même source.

Cette version est confirmée par plusieurs compagnies aériennes, qui affirment verser déjà une taxe d’embarquement et de sécurité aux autorités congolaises. Dans leurs structures tarifaires, certaines compagnies comme Qatar Airways, Uganda Airlines et Kenya Airways mentionnent un montant de 43,75 dollars, tandis qu’Ethiopian Airlines affiche 58 dollars et Air France jusqu’à 66 dollars.

D’après l’accord, la redevance de sécurité de 30 dollars sera désormais versée mensuellement sur un compte conjoint que Les responsables publics et Securiport ouvriront ensemble. Le document précise qu’une instruction irrévocable de transfert mensuel des fonds sera appliquée, répartissant 85 % des montants à Securiport, pour amortir son investissement, et 15 % à l’État congolais.

Le contrat entre le gouvernement et Securiport repose sur un partenariat public-privé (PPP) de type Build–Train–Maintain–Transfer (BTMT). Il prévoit la mise en place d’un système intégré de gestion des services de sécurité et d’immigration, incluant l’installation d’équipements technologiques, la centralisation des données migratoires et la gestion numérique des flux de passagers dans les aéroports internationaux, les postes frontaliers et les ports du pays.

Securiport est chargée de financer, concevoir, installer et maintenir ce système, tout en formant les agents désignés par les deux ministères. À l’expiration de l’accord, dont la durée n’est pas précisée dans les extraits disponibles, la propriété complète du système (infrastructures, équipements et logiciels) reviendra à l’État congolais.

Pour Les responsables publics, ce projet vise à renforcer les dispositifs de sécurité face à la recrudescence des menaces transnationales : falsification et contrefaçon de documents, fraude identitaire, infiltration d’individus radicalisés ou activités criminelles liées à la circulation internationale. En somme, il s’agit d’une réponse aux défis de sécurité relatif à l’aéroport et frontalière auxquels la RDC est confrontée.

Securiport, basée en Virginie (États-Unis), se présente comme une entreprise spécialisée dans le contrôle de l’immigration et la sécurité de l’aviation civile. Elle opère déjà dans plusieurs pays africains — Côte d’Ivoire, Sierra Leone, Sénégal et Gambie — où elle fournit des services similaires. Dans ces pays, la redevance de sécurité varie entre 20 et 25 dollars ; en Gambie, par exemple, 25 % des montants perçus sont reversés à l’Autorité gambienne de l’aviation civile (GCAA).

Aucune communication officielle n’a pour l’instant précisé le processus ayant conduit au choix de Securiport. D’après une source proche de l’exécutif, la procédure serait susceptible d’avoir débuté il y a une dizaine d’années, et le choix de l’entreprise américaine serait issu d’un appel d’offres.

Jusqu’à présent, aucune déclaration officielle du gouvernement n’a été faite sur ce dossier, ce qui alimente les interrogations et n’apaise pas les inquiétudes au sein de l’opinion publique.

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